Le burn-out des vacances d’été

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J’ai 23 minutes pour écrire mon article.

La gnominette dort depuis 7 minutes, donc dans 23 elle sera debout au taquet, en train de détruire tout sur son passage. Le gnominion, lui, devrait dormir 2h34, mais j’ai prévu de le réveiller dans 1 h pour cultiver l’espoir de réussir à le coucher avant 22h59.

Les autres disent (par autres j’entends toutes les personnes ayant un avis sur la question, donc 99% de l’occident) “tout est une histoire de timing, d’organisation”….. mais comme toujours entre ce que les autres disent et la réalité, il y a un put*** de fossé de malade.

Il faudrait plutôt dire “tout est une histoire de patience, de typologie d’enfant, d’âges, de valeurs, de besoin en sommeil de chacun, de besoin en temps personnel, de cumuls, de fatigue, de coopération, de modes de garde, de phases de vie, et éventuellement d’organisation”.

J’en peux plus de ces vacances qui n’en finissent jamais, 2 mois c’est super long, je n’ai toujours pas compris pourquoi il n’y avait pas plus de petites vacances et moins de grandes d’été (surtout vu le niveau de fatigue en milieu d’année pour les gnomes)…

Afin de survivre à cette loonnnnnngue période, j’en suis venue à développer un toc : je compte.

Pas comme dans la chanson de Rose qui compte les calories, les économies, les paires de bottes et touça… non, je compte plutôt le temps.

Les minutes qui me restent à être tranquille avant que ça se réveille (19 dans mon cas à cet instant T), les heures avant le moment où ils vont enfin être au lit, les jours avant la rentrée (15 jours ! Nom di diou j’vais pas tenir), les quarts d’heures avant que le barbu arrive pour enfin pouvoir gérer à 2, les minutes de liberté quand je quitte le travail avant de rentrer au milieu des cris…

Ici on a la possibilité de se relayer pour le travail, donc c’est super pratique… je travaille, je traîne rentre, et le mâle part travailler à son tour… Et du coup il y a toujours un parent avec les gnomes, et pas de centre aéré ou de garde à payer.

Sauf que dans notre super organisation, il n’y a pas de temps off, celui où on a 5 min pour souffler, celui où l’autre prend le relais en te disant “vas y ma chérie d’amoureuse, finit ton livre commencé il y a 1 mois ½ , je sors avec les gnomes”. Nan, ça c’est pas possible car les moments où on est 2 sont souvent des moments où il est indispensable d’être 2.

(Flash info : j’entend un gnome qui essaye discrètement d’escalader la barrière de sécurité… finalement mes 30 minutes viennent de se réduire très sérieusement), le temps qu’il y arrive et qu’il descende de l’escalier (sauf s’il tombe), il devrait être là dans 37 secondes.

Bref, je me questionne… ici on essaye de prôner la bienveillance, l’autonomie, la liberté, la créativité des lutins… et on met en place tout ce qu’on peut pour aller dans ce sens (j’en parlerai dans de futures articles), et en général ça roule assez bien.  

Mais, pas en ce moment. Là, tout est prétexte à ce que ça n’aille pas, le repas, les jeux, les activités…Impossible de les coucher, ni à la sieste ni le soir, ils mangent de manière très aléatoires,  ils se disputent, se battent, hurlent, n’écoutent jamais au grand jamais, rehurlent, imaginent toutes les conneries possibles et inimaginables pour un cerveau d’adulte, s’allient pour mieux te berner… Mais qu’est ce qui fait que ça me semble si insupportable? 

En réfléchissant un peu à mon échec cuisant dans la gestion de mes gnomes, j’ai développé 2 théories :

  • Soit ils testent les limites et ma capacité à les supporter, mais apparemment à ces âges là ils n’ont pas encore la maturité nécessaire pour me rendre volontairement la vie infernale (et ils y arrivent pourtant superbement bien)
  • Soit j’ai vidé mon réservoir de patience et j’ai rempli ma carte de fidélité (pour lire le concept de carte de fidélité si vous ne connaissez pas, voici un excellent article sur le sujet : http://blog.scommc.fr/avez-vous-votre-carte-de-fidelite/) , et du coup je ne supporte plus rien.

Bien évidemment, il me semble que la 2ème théorie est totalement probable et logique (même si c’est la 1ère à laquelle je pense en premier quand je sursature… soit 95% du temps passé avec eux).

Du coup j’essaye de trouver des solutions :

  • Remplir mon réservoir personnel de patience, d’amour, de joie, de bienveillance (euh c’est quand qu’ils vont chez Mamy là? Dans 76h?)
  • Exprimer ma colère le plus posément possible: “mon chatounet d’amour, en terme de couleur de colère je suis déjà dans le rouge, plus haut c’est le noir et j’aurai juste envie de d’attacher par les pieds au balcon et d’attendre que tu sèches comme un saucisson je risque fortement de crier très fort et ça se sera pas du tout constructif, qu’est ce qu’on pourrait faire pour que ça se passe mieux? “
  • Les challenges à faire tous ensemble : “j’ai une super idée les lardons! Et si on faisait un super jeu, par exemple on chuchote toute la journée pour m’éviter d’investir dans un casque anti-bruit apprendre à crier en silence dans la maison, et ce soir vous irez avec papa crier en haut de la montagne, ça vous dit?”
  • La carotte (je sais, c’est pas super idéal, mais faute de mieux si ça marche je prends!) : “les gnomes, ça vous dit de prendre un bain rose ce soir? (ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii), alors je vous propose un truc, vous respectez les consignes les 2 prochaines heures et on prend un bain rose.” Sinon? Ben tu vas te laver dans la rivière gelée où il y a des sangsues pourquoi?
  • L’éloignement : “Ok, je vous laisse vous disputer, je reviens quand ce sera calme” (c’est lâche, mais à un moment c’est une question de survie, si je reste y a moyen que je participe à la dispute)
  • L’impossible : trouver une super nounou gratos, acheter des grands parents supplémentaires, la venue de MaryPoppin’s, la capacité de me détripler…
  • ….. : est ouverte à toute autre solution de canalisation / gestion de gnomes dans un calme relatif… ou de gestion émotionnelle de parentsquicraquent et qui regardent les minutes sur l’horloge qui se sont transformées en heures…

Mes 30 minutes sont terminées, les 2 gnomes sont là…(et là c’est passé super vite…)

Courage à nous, encore 360 heures et nous serons LIBEREZ, DELIVREEEEEEEEZZZ…

(et si vous avez des solutions, partagez!!!!!!!!)

 

 

10 comments for “Le burn-out des vacances d’été

  1. Herminie
    17 août 2016 at 16 h 21 min

    Je propose un déménagement de l’une ou l’autre afin de se rapprocher! Sinon, à plus long terme et plus concrètement aussi, je pourrai prendre gnominette et gnominion en vacances l’été prochain!
    Il ne me reste plus qu’à te souhaiter bon courage! Finalement il reste pas tant de dodos (oui, je compte aussi, mais en dodos!) avant la libération! On a dépassé la moitié et tu as tenu le coup tout ce temps! Je sais tout ça est facile à dire mais vu que je peux rien faire… Bisous

    • 17 août 2016 at 16 h 52 min

      L’année prochaine pour prendre les 2 gnomes ce sera parfait :p (nan, la mère pas du tout au bout du rouleau) :p
      Ah oui, compter en dodos c’est pas mal, j’vais tenter en faisant des croix au mur à chaque nuit passée (et les nuits pourrites, elles comptent double nan? :p )
      En tout cas merci de ton soutien! C’est déjà beaucoup! Et si en prime on devient voisine, on pourra mutualiser les tâches :p et la patience 🙂
      Biz

  2. Mari
    17 août 2016 at 17 h 17 min

    Bon ton réservoir est vide, c’est clair !! Juste ne pas oublier que tes gnomes testent le cadre que tu leur donnes et pas toi. Je sais c’est dur de s’en souvenir quand on pête un plomb mais bon …
    Pour le reste, vu que tu n’as pas voulu qu’on te garde tes gnomes pour aller te vider la tête ailleurs, je te propose pour la prochaine fois que l’on fasse garder notre tribu respective par nos barbus et nous on se casse ailleurs !! Comment ça faut leur demander leur avis ??!! Mais ils seront ravis les gnomes d’aller faire des cabanes dans les bois avec les pôpas, de manger que du saucisson et des chips et de se baigner toute la journée !!! Comment ça c’est aux barbus qu’il faut demander leur avis ??!! Ben heu,
    – on leur fais un gros bisous,
    – on leur dit que c’est supra-vital pour nous,
    – on leur propose d’échanger après et on se débrouille pour trouver la perle rare des nounous, gnac, gnac, gnac !!!

    • 20 août 2016 at 11 h 35 min

      Merci Mari!
      Oui, les enfants testent le cadre et pas moi… c’est vrai que c’est bon de s’en souvenir <3 (mais de dieu, s'il pouvait tester autre chose pour s'occuper, ça m'aiderait aussi!)
      Bonne idée, de les laisser aux barbus pour faire des cabanes, manger des chips et du saucisson et se baigner... nous on ira faire des balades à cheval et du yoga en haut de la montagne :p
      bises!

  3. Elise
    18 août 2016 at 8 h 08 min

    hey coucou la mère surmenée!
    je disais au barbu cette semaine, quand il est en vacances, je n’y arrive pas. On traine, du coup j’ai l’impression de ne rien faire de ma matinée, et je deteste ça, du coup je suis ronchon.. pourtant j’adore qu’il soit là!
    bon, sinon, dans les solutions qu’on aime bien ici, il y a les trucs à patouiller (peinture à l’eau qui s’évapore, pas salissant, j’adore, peinture à la couleur sur eux mêmes, très salissant, mais j’adore aussi :P, pâte à pain à modeler avant de cuire, pâte à modeler à couper triturer (torturer) façonner quand on est calmés, terre à mélanger, à transporter, à transvaser….) bref, on a plein d’idées, mais tout ça, ça veut dire qu’après c’est crassou, même si on le fait dehors, ça rentre. et ça, ça me fatigue mille fois plus encore que mes enfants. Bon, j’ai des plus grands, et même si ça se bastonne bien pus fort, ça passe aussi de très longs moments à jouer, rire, courir et bricoler, m’offrant de longues tranches de « juste un enfant », ce qui est bien plus simple il faut le dire…
    bon courage pour les moments qui restent… tu vas finir par me faire changer d’avis sur l’école, haha!
    des bises!

    • 20 août 2016 at 11 h 33 min

      Merci pour toutes ces idées de solutions! C’est pas grave si c’est crassou, je préfère nettoyer après mais avoir eu du temps assez calme avant (ici ça marche avec le sable à modeler, ils surkiffent mais après tu te trimballes avec du sable partout sous les pieds, ça colle dans les rainures du parquet, pire que de la litère pour chat :p ) … Je note tout ça (mais quand on est épuisé… on a juste envie que ça se fasse tranquillement sans nous)…
      Quant à l’école, nan nan c’est toi qui est dans le juste hein :p Mais j’admire vraiment car je ne crois pas avoir suffisamment de patience à l’intérieur, même si j’aimerai…
      Des bises <3

  4. Marion
    18 août 2016 at 12 h 19 min

    Super cet article, on se sent moins seule mouahah 🙂 je retiens l idee de la couleur de la colere! Perso, ce que je n arrive pas à mettre en place avec moi meme, c est lorsque je sens que je vais CRAQUER je me permets pas de prendre du recul, genre aller dans une autre piece que ma fille, pour souuuuffler! C est comme ci je culpabilisais rien que d y penser sauf que je culpabilise encore plus apres avoir explosé ma colere, du coup je lui demande pardon que j ai pas a crier d une tel facon et le pourquoi de cet exces (genre j ai dormi 4h) meme si ce qu elle a fait c est pas la meilleure idee du monde… alors maintenant, quand mes reactions son excessives elle me le dit ouvertement : « tu peux me dire pardon parceque là tu cris trop fort maman! » Et moi, ca me fait redescendre cash pistache… et pour elle pareil, elle me sort des « pardon maman j aurais pas du crier sur toi comme ca, ca rend triste » lol en gros, on est d accord, ca arrive a tout le monde de ne plus en pouvoir, et de manquer de patiente, je lui permets ses coleres je me permets les miennes quand j arrive pas a faire autrement et que j ai pas anticipé le.coup. mais que ce n est surtout pas parceque je suis sa maman ou un adulte que j ai le droit d abuser plus qu elle…je sais pas si j ai ete claire 😀 m enfin merci pour ton article avec ton humour que je kiffe 😉

    Marion, celle où on rabache : « mais nooon, tu es super jeune pour avoir un enfant » 😉

    • 20 août 2016 at 11 h 29 min

      Si, si tu as été super claire!
      Je trouve très chouette et réaliste, ce que tu dis sur le droit d’exprimer ses émotions… Je me bats pas mal avec cette notion au sein de mon entourage, où finalement on s’exige aucune démonstration d’émotion (vive l’éducation et la culture du « tout doit rester lisse et bisounours »), et on fait de même avec nos enfants… Et je trouve qu’il est super important qu’ils aient le droit d’exprimer ce qu’ils ressentent et que nous aussi on se le permette… Car je crois justement que le fait d’oser dire ce qu’on ressent au fur et à mesure, que ce soit la colère, la frustration, la fatigue, permet justement d’éviter d’exploser… OU de moins en moins souvent et de moins en moins fort!
      Mon fils aussi il me dit défois « dis Pardon Maman tu m’as crié dessus » :p Ils sont forts quand même ces gnomes!
      (ps : nan tu n’es pas super jeune pour avoir un enfant :p )

  5. Marilyne
    22 août 2016 at 8 h 34 min

    Yeah !! et du tambour !!! Baoum !!! Aaaaaooommmm !!!!

  6. Marilyne
    22 août 2016 at 8 h 38 min

    « Toutes les émotions sont légitimes, tous les actes qui en découlent ne sont pas acceptables » Haim Ginott
    çà aide aussi à apprendre à gérer les conséquences d’une émotion et c’est achement bien pour les adultes aussi qui ne respectent pas cette phrase ….
    Après, je pense tout simplement qu’on peut avoir mille bon conseils, seulement si on est au bout du rouleau, ça va être chaud patate de les mettre en place : on les lit, on se dit : ah oui c’est chouette ça », ça paraît facile et une fois que le gnome revient avec sa fatigue ou son énergie qu’il ne gère pas, ben …. plouf !!

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