Avant j’avais des principes…

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Et maintenant j’ai une paire de gnomes…

Et oui j’avoue, j’ai beau être open mind versus « on verra bien », j’avais quand même 2-3 principes sur ce que je ferais ou pas quand j’aurais des zenfants.

Force est de constater que mes principes de départ se sont envolés sitôt que la réalité est arrivée…

Petite liste (non exhaustive) de quelques grands principes bafouées.

Principe number one : “Le cododo, non, non… il aura son lit berceau dans notre chambre les 3 premiers mois, jusqu’à ce qu’il fasse ses nuit”

Déjà, le terme “faire ses nuits” est totalement relatif et inadapté… et tout le monde pense (avant d’avoir des enfants) qu’un bébé “fait ses nuit” – traduire : dors 12h d’affilé – à l’âge de 3 mois. Dans la vraie vie, un bébé peut se réveiller pleiiiiiin de fois dans la nuit sans qu’il n’y ait de problème particulier, et ça peut durer plusieurs semaines / mois / années.
Ici, le 1er gnome n’a daigné faire une nuit complète qu’à l’âge de 15 mois, et la bestiole suivante ne s’est encore pas prêtée au jeu (à 30 mois)…

Avoir un berceau à côté, comme dans mes principes, ça demande de se contorsionner au risque de se faire un lumbago pour attraper Bidule qui hurle à la dalle. Sans compter que mes enfants dépassent du berceau dès 2 mois, qu’ils ont tendance à téter 8 fois par nuit et que clairement pour allaiter c’est plus facile de partager le lit.

Et finalement, il y a pleiiiiins de gens qui dorment avec leurs enfants (et ne le disent jamais), pleiiiins de pays et de cultures où c’est totalement normal, pleiiiins d’avantages à le faire et surtout, j’ADOOOORE entendre leur petite respiration juste à coté de moi!

Principe number two : “L’allaitement, bien sur, jusqu’à ce que je reprenne le travail. Et pas en public”

Dans la vraie vie, ça fait 50 mois que j’allaite… et en public parfois… ben oui, car même si ma pudeur m’a menée la vie dure les premiers temps, il a fallu finir par faire un choix stratégique : soit j’osais sortir le nibard discrétos devant des humains, soit j’allais être condamnée à ne plus sortir de chez moi pour quelques mois (enfin, années,…)

En terme de temps d’allaitement, à partir de 6 mois les gens posent la question “tu as bientôt fini d’allaiter?”. Au début, j’avais besoin d’une petite répartie pour garder la face, genre “l’OMS préconise l’allaitement jusqu’à 2 ans”, ça faisait classe et c’était cool.

Une fois les 2 ans dépassé (voir même bien avant), j’ai changé, j’ai commencé à être atteinte de “rienàfoutrisme”, qui consiste à ne pas du tout être atteinte par les remarques. Depuis, à la question “mais tu vas allaiter encore longtemps” je réponds “jusqu’à ce qu’il trouve d’autres nibards à téter”, ou “j’attend qu’elle ait ses dents définitives”… Rapide et efficace (mais s’attendre à voir le nombre d’amis diminuer salement).

Principe number three : “JAMAIS de bonbons”

Ca fait des caries, ça énerve les gnomes (et leurs parents), ça perturbe l’équilibre acido-basique, favorise les mycoses intestinales, c’est addictif, pleins de colorants, de gélatine d’origine animale…

Au début, le principe était respecté à la lettre. Mon fils a cru que les fruits secs étaient des bonbons jusqu’à 2 ans révolu… Ma fille n’y a jamais cru.

Il faut dire qu’autant à la maison, il n’y en a pas, mais que les anniversaires à la crèche/école, les goûters avec les copains, les tournées d’Halloween ont eu raison de mon principe…
Depuis, on subit les gnomes totalement hors de contrôle après un anniversaire bonbonisé, les demandes incessantes de “allez euhhh maman stoplé un seuuuuul j’te jure” quand la dame du magasin tend son panier de Krémas et on récupère 34 kilos de sucreries gélatineuses pour Halloween… Youpi.

Mais avec la règle “1 bonbon le mercredi et 1 le samedi”, il y a des bonbons pour les 6 prochaines années. C’est finalement économique.

Principe number four : “JAMAIS de télévision” voir même “PAS d’écran avant 17 ans”.

Pour la télé, on est bon, il n’y en a pas à la maison.

Mais je n’avais pas pensé qu’avec 3 ordinateurs et 2 gnomes en furie, j’allais céder au dessin animé libératoire de 10 minutes, histoire de respirer, de lancer une tournée de linge, de préparer le repas.

Le fait est qu’avec 2 gnomes, il faut prévoir 2 programmes différents et gérer le temps de chacun. La gnominette ne regarde QUE Ribbit (la grenouille qui traverse une crise existentielle) et le gnome est fan de La Reine des Neiges (qu’on n’a plus besoin de présenter) et de Dragon (d’ailleurs notre dernier chat s’appelle Croquemou).

Bref, c’est 10 minutes top chrono et après on gère la crise (ben oui, car il y a TOUJOURS une crise quand on éteint l’écran).

Pour l’accès au téléphone, j’ai constaté que ça pouvait permettre un temps un peu calme lors d’un rendez vous important, j’ai pris le partie de télécharger des applis de jeu relativement instructive (enfin, ca c’est pour me rassurer)… Bon, je n’ai pas compris pourquoi ma fille disait “Flammand rose” en Polonais depuis, il doit y avoir un problème de paramétrage.

Principe number five : “Lavage des dents tous les soirs, c’est non négociable”…

Là encore, j’ai clairement enfreint LA règle… déjà une brosse à dent, c’est pas franchement attractif avant 2-3 ans. Ensuite, le brossage des dents, chez un gnome lambda, consiste généralement à aspirer le dentifrice à la fraise et à l’avaler gaiement.

Et à en redemander. En criant. A l’heure où la patience s’est sauvé en courant.

Depuis je ferme la salle de bain à clef à partir de 18h pour être sûre qu’ils ne vident pas le tube de Lavera kids pendant que je suis en mission “recherche des pyjamas disparus depuis le matin”. Et j’achète toujours du dentifrice bio.

Principe number six : “je ne m’énerverai JAMAIS de la vie contre mes bichounets d’amour”

C’est vrai quoi, quand on s’énerve, on brise leur confiance intérieure, ça parait irrécupérable (dans les livres) et on les dirige tout droit vers la case “prison” ou “hôpital psy”.

Sauf que le fait d’être parent ne fait pas s’envoler comme par magie la fatigue, l’impatience, la saturation, le besoin de calme… Donc inévitablement, parfois, la colère monte, on la retient, elle continue de monter et… elle explose.

Donc défois je crie, et je culpabilise d’avoir crié, et je donne un exemple horrible puisque mon fils crie après ma fille, ma fille crie après le chat, le chat crie après la poupée et la poupée crie après… euh nan…

Je n’ai pas d’excuses, je suis juste humaine… Mais j’ai appris qu’on pouvait revenir sur ce qui s’est passé, s’excuser, câliner, et qu’ils apprenaient aussi à faire de même…c’est pas parfait mais ce n’est pas “si pire”…

Principe number seven : “ils mangeront TOUJOURS équilibré”

Euh, hormis en décidant d’investir dans un gavoir professionnel (ça existe d’ailleurs?), c’est juste impossible. Ici j’ai Monsieur Légumes-Jus-Viande et Madame Patate-purée-pommedeterre, sans compter Le Mâle qui est plutôt Féculent et moi qui suis Végé, je n’ai pas trouvé de solutions autre que de m’adapter et de faire face à au moins un “c’est dégueulasse” par jour.

Finalement, j’ai clairement baissé mon niveau d’exigence. S’ils mangent, c’est cool. Sinon, c’est dommage. Si je n’entends pas le mot “Dégueulasse” c’est LA victoire du soir. S’ils disent “Dégoutant” c’est aussi une victoire (et en prime je n’aurai pas de réflexion de la crèche “votre fille dit “DEGUEULASSE”, c’est MAL.)
Tant qu’ils ne se réveillent pas la nuit car ils ont faim, c’est totalement suffisant. Point.

Bref, comme vous pouvez le lire, pas mal de principes bafoués et non respectés par ici..

Echec total? je ne pense pas, j’ai finalement changé ma vision des choses pour le bien de tous : j’ai appris à écouter et à respecter les besoin de mes enfants, les miens, et je m’entraîne à mettre le tout en adéquation (j’avoue, c’est ça le plus dur)

Ca baisse la pression de tout le monde, la culpabilité, ça aide à accepter que les superparents ça existe juste dans les films (et les potes qui n’ont pas encore d’enfants). Et en prime, les minis prennent exemple, et ça c’est un superchouettecadeau!

Et vous, quelles étaient vos principes avant d’avoir des enfants? ceux que vous avez respectés? ceux qui étaient juste irréalisables? Racontez nous!

6 comments for “Avant j’avais des principes…

  1. Mari
    5 décembre 2016 at 21 h 19 min

    MDR ! Oui je partage un certain nombre de principes … Celui que je me suis le plus pris dans la tronche est celui du sommeil. Ben oui j’ai zappé de cocher la case « sommeil » (et « oreilles normalement formées » aussi mais c’est une autre histoire). Avec un little gnome bibou qui tétait toutes les heures la nuit encore à 9 mois et pour lequel j’ai pris la décision unilatérale de réduire à 2 tétées par nuit (décision prise la semaine où mon barbu avait la grippe donc pas possible de gérer les manques du lacto-junkie, le top !). Bref le sommeil ça a été rude, le bibou n’ayant pas dormi correctement jusqu’à plus de 3 ans. Ceci dit il rattrape maintenant ces 3 années de sommeil pourri et peut faire de sacrées grasses mat’.
    THE principe horrible sur lequel je suis souvent borderline : jamais de menaces !! Beuh non, c’est horrible les menaces, moi-même je ne marche pas à ça. Oui mais quand ça fait 1h que les gnomes font n’importe nahoique dans la voiture et que tu leur a demandé 15 fois de se calmer, que tu as expliqué pourquoi, que tu as essayé des jeux qui tournent en sucette …. Ben il m’est arrivé de leur dire que s’ils ne stoppaient pas tout de suite, ils finissaient le trajet à pied … Et il m’est arrivé de m’arrêter et de les faire descendre … Bon le reste du trajet est généralement plus calme … Ce qui ne conditionne en rien le trajet suivant !
    Pareil que toi pour les bonbons. Ici il y a un jour des bonbons par semaine qu’ils fixent comme ils le souhaitent du moment qu’ils ne changent pas le lendemain du jour où ils les ont eu …. Si si ils ont essayé mes chers amours !! Le bibou, toujours lui, mon incorruptible, un jour de bonbons au samedi, me sort avec un aplomb de ouf : « maman à partir de demain, c’est le dimanche le jour des bonbons ». Ben tiens ! Bien essayé !!
    Enfin bref le maître mot des parents c’est l’adaptation ! Le secret évolutif de l’Homo sapiens !! Faire de son mieux, s’excuser quand il y a lieu, je suis entièrement d’accord, c’est leur montrer que l’on peut faire des erreurs même quand on est parents dis donc !!

    • 6 décembre 2016 at 22 h 46 min

      Merci pour ton message!!!
      Ahhhh les menaces, et le chantage, je n’en ai pas parlé… mais pareil, c’était aussi un grand principe mais parfois je ne sais tellement plus comment faire pour avoir une réaction en face….
      Rooo la dernière fois j’ai dis à la miss Anarco-Libertaire que j’allais la faire dormir dans la forêt (oui j’étais totalement à bout de nerfs et de fatigue)… Honte à moi… bon, au final ça m’a servit de leçon, elle a eu « peur que je la gronde » si elle venait me voir dans la nuit (chose que je ne fais jamais) donc elle pleurait toute seule dans son lit…(j’ai honte!) jusuqu’à ce que je l’entende et que je puisse aller la consoler… bref, je lui ai expliqué que je n’aurai jamais dû dire ça, puis que je ne la ferais JAMAIS dormir dans la forêt! Que j’étais fatiguée et en colère quand j’ai dis ça et que j’étais désolé…
      Bref, tout ça pour dire que ce principe là, il n’a pas été respecté non plus…
      Ils nous poussent dans nos retranchements, nos gnomes, mais en même temps ils sont si chouettes <3 Et nous, nous sommes super balèzes en adaptation :p

  2. Elise
    5 décembre 2016 at 21 h 56 min

    haha… oui, je valide tout ça moi aussi! sauf que d’abord, je me disais qu’il « y a des claques qui se perdent », puis j’ai eu un adorable bébé, puis j’ai été une super sainte ( et seinte) un long moment pour compenser la crise interne de bosser au lieu de rester m’occuper toute la journée (et la nuit 😉 de mon bébé, puis… j’ai été enceinte, fatiguée, tout ça…. j’ai eu un deuxième bébé d’amour et un grand que je voyais gigantesque alors qu’il était si petit… heureusement que la tête arrive à rationaliser et rediriger le cerveau reptilien vers l’Amour, la petite odeur douce dans les cheveux, les yeux qui sourient, ou toute autre chose qui remet du lien… bref, j’ai eu une discussion avec mon égo, et je suis redevenue une mère normale, parfois super chouette, parfois… fatiguée…
    mais c’est bien, tout ça, parce que ça permet de vraiment savoir pourquoi tu fais ces choix, qu’est ce qui est vraiment important pour moi…
    bref, merci mes enfants, je grandis au moins aussi vite qu’eux! ça donne le vertige, mais wahou quoi <3

    • 6 décembre 2016 at 22 h 50 min

      Merci de ton message! J’aime ta phrase « bref, j’ai eu une discussion avec mon égo, et je suis redevenue une mère normale, parfois super chouette, parfois… fatiguée… »… Ca me parle tellement! Et tant que le cerveau se dirige vers l’Amour, les bonnes solutions se trouvent 🙂
      Comme tu dis, merci nos enfants de nous faire grandir <3

  3. Mari
    6 décembre 2016 at 21 h 41 min

    Ah si un principe que j’ai respecté, je ne lèverai jamais la main sur eux. Je ne dis pas que ça me titille pas des fois, chasser le naturel qu’on vous a appris, que vous avez subi et il revient au galop, mais je ne l’ai jamais fait. En revanche, je leur explique ce qui se joue en moi à ce moment-là. Déjà ça remet du dialogue et fait baisser la pression, ensuite, ça leur explique que j’ai subi ça enfant et que je ne veux pas leur faire subir ça car ça n’a jamais servi à rien mis à part m’humilier et me rende très malheureuse sur le moment, que je ne veux pas ça pour eux, que je ne leur ferai pas ce que j’ai détesté, le tout sur un ton non-culpabilisant évidemment ! Pour le coup, je suis assez fière de cette avancée par rapport à ma propre enfance. J’ai entendu un jour que les enfants faisaient mieux que leurs parents, de génération en génération, sans jamais atteindre la perfection et j’aime bien cette idée, c’est porteur, non culpabilisant et constructif.

    • 6 décembre 2016 at 22 h 54 min

      C’est chouette d’être capable de leur expliquer, car souvent c’est aussi difficile à faire! Enfin je trouve!
      Même principe ici, respecté, mais c’est dur aussi de se rendre compte qu’on monte dans les tours, et finalement les pensées qui nous traversent, les émotions, sont aussi difficiles à encaisser… ce serait chouette de pouvoir être juste Amour et Bienveillance.
      Je trouve chouette aussi de se dire que nos enfants feront mieux que nous, et que leurs enfants feront encore mieux 🙂 C’est vraiment porteur et j’avoue que ça me déculpabilise parfois (surtout quand je crie trop!) 🙂

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